Paroles de 14-18

mars 5, 2007

14 18, voilà mon matricule…
Au peloton, si à l’assaut je recule !
Seuls des numéros
Sautent sur les bombes
Qui emplissent le monde
De leurs échos.

Et dans le vent, mille papiers…
Les morts attendent leurs courriers !

Pour une lettre de ta part,
Pour une seule ligne à l’encre noire,
Je veux bien un peu te croire
Quand tu me dis : « on va se revoir ! »

Mais peut-on vivre à cette guerre ?
Quand déjà on nous enterre !

Champ de boue, où poussent les barbelés,
Quand les obus y creusent nos hypogées…
On terre sa poitrine
Au fond des tranchées
En craignant d’être gazé
Comme des vermines.

Mes mains tremblent comme celles du caporal !
Lui aussi, redoute-il le signal ?…
Celui de courir
Sans se retourner
En face des mortiers,
Des crans de mire.

Gibier bleu, je me rue en avant !
Sous mes pas, les râles des mourants !
Si je tombe au front,
J’aurai dans la tête
Ta dernière lettre,
Ma chère Lison.

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Paroles de Testament d’un forban

mars 5, 2007

Je veux pour calvaire le mât d’artimon
Lacérez le bois, gravez y mon nom
Faire tonner le ciel à le briser
A coups de canons j’y rentrerai

La mort est un capitan aux allures de bohème
A la barre d’un bâtiment celui de nos vies mêmes

Laissez moi au moins mon pavillon noir
Tordu par les vents pour linceul de gloire
Le salut s’achète enfin je crois
Glissez de l’or entre mes doigts

La mort est un capitan aux allures de bohème
A la barre d’un bâtiment celui de nos vies mêmes

Ne me jetez pas aux confins du monde
En terre inconnue dans une fosse immonde
Mais par dessus bord le sabre en poing
J’irai trancher les fonds marins

La mort est un capitan aux allures de bohème
A la barre d’un bâtiment celui de nos vies mêmes

Endeuillez les voiles je veux aux matures
Des veuves en noir au regard dur
Les yeux grands ouverts pour voir passer
A travers mer mon beau voilier

La mort est un capitan aux allures de bohème
A la barre d’un bâtiment celui de nos vies mêmes

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