Paroles de 14-18
14 18, voilà mon matricule…
Au peloton, si à l’assaut je recule !
Seuls des numéros
Sautent sur les bombes
Qui emplissent le monde
De leurs échos.
Et dans le vent, mille papiers…
Les morts attendent leurs courriers !
Pour une lettre de ta part,
Pour une seule ligne à l’encre noire,
Je veux bien un peu te croire
Quand tu me dis : « on va se revoir ! »
Mais peut-on vivre à cette guerre ?
Quand déjà on nous enterre !
Champ de boue, où poussent les barbelés,
Quand les obus y creusent nos hypogées…
On terre sa poitrine
Au fond des tranchées
En craignant d’être gazé
Comme des vermines.
Mes mains tremblent comme celles du caporal !
Lui aussi, redoute-il le signal ?…
Celui de courir
Sans se retourner
En face des mortiers,
Des crans de mire.
Gibier bleu, je me rue en avant !
Sous mes pas, les râles des mourants !
Si je tombe au front,
J’aurai dans la tête
Ta dernière lettre,
Ma chère Lison.








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