14-18

mars 5, 2007

Verdun, le 21 février 1916,

             Ma Lison,

Depuis l’aube les tirs ennemis ont cessés. La tranchée allemande est silencieuse. Peut-être même trop…Je n’ose songer à ce qui nous attend.

La pluie de ces derniers jours à laissé une boue noirâtre et puante qui colle à nos peaux.

L’air empeste la mort et laisse au fond des gorges le goût métallique du sang.

J’ai froid, j’ai faim, j’ai peur.

Peur de la prochaine attaque, du bras qui se lève pour donner l’assaut.

Qui tombera le premier sous la mitraille ?

Je ne veux pas mourir, je ne veux pas avoir mal !

Oh ! Ma Lison ! J’ai vu tant de plaies béantes, tant de visages livides et de mains crispées…Entendu tant de cris terribles et de hurlements de douleurs !

Pourrais-je seulement rire comme avant ?

Si je ne devais pas revenir, garde mes lettres et lis-les un jour à tes enfants. Il faudra qu’ils sachent…Personne ne doit oublier l’enfer de Verdun, l’horreur de la guerre ! Votre souvenir est notre seule survivance possible.

Et c’est déjà un fantôme qui t’embrasse et qui attend ta prochaine lettre, ces quelques lignes qui me fond garder espoir !

A toi pour toujours. Je t’aime !

Alexandre.

Les paroles de 14-18

Leave a Reply