Paroles du Chemin des Eglantiers

mars 12, 2007

Ne me parlez plus jamais,
Du chemin des églantiers !
Et pourtant, Dieu que j’aimais,
T’y rejoindre ma dulcinée !

Déjà tout petit garçon,
Je venais tous les matins,
Entre les fleurs d’ajonc,
Pour courir avec mon chien.

J’avais bien quinze printemps,
Lorsque j’ai prêté serment,
De combattre pour mon seigneur,
La main droite sur le cœur.

Et puis les prés ont fleuris
De centaines de fusils,
Et j’ai gagné les forêts,
Mon seigneur à mes côtés.

C’est dans l’ombre des pommiers
Qu’on avait dû se quitter.
Tu m’as dis : « Petit berger,
Ici même je t’attendrais ! »

Le pinson peut bien chanter !
Bientôt je ne l’entendrais plus !
Déjà ma vue est brouillée
Par des larmes de refus.

Ne me parlez plus jamais,
Du chemin des églantiers !
J’étais venu t’y trouver
Lorsque la nuit est tombée.

Une cocarde rouge sang,
Cachée derrière un rocher,
Hélas ! M’a fusillé le flanc,
Tout près de notre pommier.

Si la République est telle,
Qu’elle doit te faire pleurer,
Alors ma toute belle,
Adieu la fraternité !

J’avais mis en signe de paix,
Au canon une fleur des champs,
Blanche pour ma bien aimée.
Elle sera rouge de mon sang !

Moi pauvre petit Chouan !
Condamné à m’en aller,
Sur un chemin beaucoup plus grand
Que celui des églantiers.

Mais viendras-tu au levant,
Entre la ronce et le rosier ?
Moi je m’en irais mourant.
Jusque là, je t’attendrais !

Ne me parlez plus jamais,
Du chemin des églantiers !
Et pourtant, Dieu que j’aimais,
T’y rejoindre ma dulcinée !

T’y rejoindre ma dulcinée…

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